Ex Somniis Sudaria , série en cours


Vue d’installation : dimensions variables, pièce de coton blanc,
encres, eau de rose, corde à linge, pinces à linges, 2020


En ces temps étranges, nous avons été plongés dans un état de ralenti. Rêve, rêverie, songe, état pensif, ennui, oisiveté, flânerie, repos, mélancolie. Souvent dénigrés, empêchés et rares, ces états de l’esprit et du corps sont pourtant les déclencheurs de pensées. Temps suspendus de l’entre-deux, parfois légers ils offrent l’évasion vers un ailleurs, parfois profonds et vertigineux, ils sont la porte d’entrée sur le souvenir que nous sommes éphémères.
S’interroger sur ces états de l’esprit et du corps et la manière d’en faire trace, sur le principe du suaire, de la relique, est un moyen de fixer ces moments suspendus, retenir l’impalpable.

Le suaire (sudarium en latin) est à l’origine un petit morceau de tissu qui servait à essuyer la sueur du front et du visage. Puis vient le Saint-Suaire du Christ, preuve de son existence aux yeux des croyants, trace de son corps divin, imprimé miraculeusement par la simple application de la toile, figé dans le temps.


Des croyances racontent que du corps de certains grands mystiques canonisés, se dégageait un parfum floral. Peut-être que de nos corps endormis, se dégage cette part ineffable?

L’image ci-dessus : premier essai d’une série de suaires aux songeants. Le résultat est obtenu à partir d’une image prise au téléphone portable, imprimée sur papier aquarelle. Puis de celle-ci, les encres colorées sont transférées sur un morceau de drap de coton à l’aide d’eau de rose. Un paysage coloré et nébuleux apparaît. La pièce de tissu est ensuite installée sur un fil à linge évoquant l’espace domestique et intime.