Durant une résidence de recherche effectuée l'an passé avec l'aide de la Galerie de l'Artothèque, à Gondrin et ses environs, dans les chapelles de Saint André et de Saint Martin, ainsi qu'au Lavoir de Lasdoutz, Béatrice Darmagnac et Dounia Chemsseddoha ont expérimenté de nombreux essais plastiques. Faisant suite à cette résidence, les deux artistes présentent dans cette exposition les pièces abouties de ces moments de réflexion et de maturation d'expérience.
La 16ème station emprunte au vocabulaire de la piété populaire du Chemin de Croix. En se détournant des codes religieux, et en jouant de leurs symboles matériels, les deux artistes inventent cette 16ème station comme une nouvelle étape. Un temps dédié à relier Nature et Sacré. L'exposition ouvre un dialogue avec la nature comme entité. La lumière, l'intangible et le geste sont les vecteurs de cette mise en espace.
Vedute - Béatrice Darmagnac
La fenêtre est un motif de l'Histoire de l'art.
Elle pose les principes fondamentaux de la recherche de l'espace, de la perspective et de sa traduction graphique et symbolique.
C'est par la fenêtre qu'entre le paysage avec ses dimensions particulières dans la peinture flamande et italienne.
C'est par la fenêtre que se théorise la « veduta » (vedute au pluriel, qui signifie « ce qui se voit », donc « commente on voit ») scénographie du monde.
C'est par la fenêtre que j'ai vu la relation entre Nature et Sacré lors de nos visites dans les chapelles de Saint André et Saint Martin, les jeux de lumières colorées, les restes de vitraux cassés masquant à demi les branchages dénudés des chênes centenaires.
Les espaces et les symboliques se mêlaient.
Qu'est-ce qui était à l'intérieur ? A l'extérieur ?
Qu'est-ce qui était sacré ? La nature qui se dessinait par les branches contre le ciel ?
Les grilles de protection qui ont failli ?
Les vitraux et leur représentations tronquées ?
En résulte installations, video, et gaufrages.
Sweet liturgie – Dounia Chemsseddoha
Le projet Sweet Liturgie est un ensemble de sculptures et d'installations qui forme l'espace d'un rituel à inventer. Puisant dans de multiples références : mythologies, gestes traditionnels et religieux, pratiques ésotériques, les pièces inventent un dialogue syncrétique, un espace réflexif et poétique impliquant le corps et l'esprit où le geste peut advenir.
Revêts le nature vestige,
saveur rêvée et perdue,
souviens-toi de sa voix.
Les présences flottent et t'attirent.
Formule ta supplique, consulte l'oracle,
l'onde de forme vacille au dessus de ta paume,
la réponse viendra.
Écoute tout bas le chant.
During a research residency conducted last year with the support of the Galerie de l'Artothèque, in Gondrin and its surroundings, in the chapels of Saint André and Saint Martin, as well as at the Lavoir de Lasdoutz, Béatrice Darmagnac and Dounia Chemsseddoha carried out numerous artistic experiments. Following this residency, the two artists present in this exhibition the completed works resulting from these moments of reflection and experiential maturation.
The 16th Station borrows from the vocabulary of popular piety in the Stations of the Cross. By deviating from religious codes and playing with their material symbols, the two artists invent this 16th Station as a new step. A moment dedicated to connecting Nature and the Sacred. The exhibition opens a dialogue with nature as an entity. Light, the intangible, and gesture are the vectors of this spatial composition.
Vedute – Béatrice Darmagnac
The window is a motif in the History of Art.
It establishes the fundamental principles of the search for space, perspective, and its graphic and symbolic translation.
It is through the window that the landscape, with its particular dimensions, enters Flemish and Italian painting.
It is through the window that the "veduta" (plural: vedute, meaning "what is seen" or "how we see it") is theorized, a scenography of the world.
It is through the window that I saw the relationship between Nature and the Sacred during our visits to the chapels of Saint André and Saint Martin, the play of colored light, the remnants of broken stained glass partially masking the bare branches of the century-old oaks.
Spaces and symbols intertwined.
What was inside? What was outside?
What was sacred? The nature that was outlined by the branches against the sky?
The protective grills that almost failed?
The stained glass windows and their fragmented representations?
As a result, installations, video, and embossings emerged.
Sweet Liturgie – Dounia Chemsseddoha
The Sweet Liturgie project is a series of sculptures and installations that create the space of a ritual yet to be invented. Drawing from multiple references: mythologies, traditional and religious gestures, esoteric practices, the pieces invent a syncretic dialogue, a reflective and poetic space involving both body and mind, where gesture to come.
Take on the nature remnant ,
dreamed and lost flavor,
remember its voice.
Presences float and draw you in.
Form your plea, consult the oracle,
the form wave quivers above your palm,
the answer will come.
Listen closely to the chant.